LE JOURNAL DES 27 – MARDI 24 MAI

Écrit par sur 24 mai 2022

Bienvenue dans cette édition du journal des 27, l’émission qui suit le travail de la présidence française de l’UE. Depuis le 1er janvier 2022 et jusqu’à la fin du mois de juin, c’est la France qui est ainsi chargée de coordonner le travail des 27 au sein du Conseil de l’Union européenne, institution qui réunit les ministres des différents Etats-membres. 

 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la question de l’approvisionnement en gaz de l’Europe est au cœur des conversations alors que l’exécutif européen tente graduellement de sortir l’UE de sa dépendance au gaz russe. 

Effectivement, mercredi dernier, la Commission européenne a dévoilé son plan pour renforcer l’indépendance énergétique de l’UE. Les mesures invoquées par l’exécutif européen s’appuient sur “quatre piliers” selon la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen. L’Union est appelée dans les mois à venir  à économiser l’énergie, à remplacer le gaz russe par d’autres combustibles, en attendant de se doter de davantage d’énergies vertes.

Des mesures qui s’accompagnent également d’un plus grand stockage de gaz par les Etats membres.

À ce sujet, le Conseil de l’UE et le Parlement européen ont conclu un accord provisoire le 19 mai dernier. Le nouveau règlement encourage les États membres à remplir davantage leur stockage de gaz, avant la prochaine saison hivernale. L’objectif est que ces réserves puissent être partagées entre les Etats membres en fonction des besoins de chacun. Les co-législateurs, du Conseil et du Parlement, ont convenu que les États membres devraient remplir leur stockage de gaz à 80% de leur capacité avant le prochain hiver, et à 90% pour les périodes hivernales suivantes.

 


Continuons ce journal en nous intéressant à une conférence qui s’est tenue en Martinique les 17 et 19 mai dernier. Au programme de cette réunion interministérielle, le développement et le soutien aux régions ultrapériphériques européennes, les “RUP”. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’englobe ce terme ?

Les régions ultrapériphériques correspondent à un ensemble de 9 territoires de l’UE, qui sont géographiquement très éloignés du continent européen. On y retrouve notamment la Guadeloupe, Saint-Martin, Madère ou les îles Canaries. Les RUP respectent le même droit européen que les autres territoires, mais du fait de leur statut elles bénéficient toutefois d’un certain nombre d’aménagements.

Et quels sont-ils ?

Eh bien ces régions bénéficient d’une plus grande marge de manœuvre concernant l’application des politiques douanières et fiscales, ou encore concernant l’agriculture et les conditions d’approvisionnement en matières premières. De plus, elles bénéficient de fonds européens spécifiques, comme le programme spécifique pour les territoires insulaires, qui vise notamment à alléger les coûts supplémentaires d’approvisionnement des produits essentiels.

Quel était l’objectif de la rencontre interministérielle de la semaine dernière ?

La dernière stratégie de l’UE envers ces régions date de 2017. Les ministres de la France, de l’Espagne et du Portugal souhaitent donc l’actualiser afin de mieux prendre en compte les besoins spécifiques aux régions ultrapériphériques. En effet, ces territoires insulaires sont différemment touchés par la crise du Covid-19 ou encore par les objectifs du Green Deal européen.

 


Autre actualité du Conseil de l’Union européenne, la semaine dernière a eu lieu à Paris -Saclay la dernière réunion du conseil Commerce et Technologie entre l’Union européenne et les États-Unis. De quoi s’agit t’il ? 

Le Conseil Commerce et Technologie comprend dix groupes de travail avec des objectifs bien spécifiques, les plus importants étant la standardisation des cadres législatifs des nouvelles technologies, la coordination liée à l’approvisionnement des semi-conducteurs et le contrôle des exportations de biens sensibles. Lancé en juin 2021, ce conseil s’était déjà réuni une première fois en septembre dernier aux États-Unis et regroupait, pour cette deuxième réunion du 16 mai, plusieurs commissaires européens et représentants américains à Paris pour présenter les travaux des groupes de travail et adopter une position commune.

L’agression russe, toujours au cœur des discussions. 

Effectivement, et le mot d’ordre du conseil était clair : l’Europe et les États-Unis doivent renforcer leur coopération face à la Russie. Les échanges du 16 mai entre l’Union européenne et les États-Unis ont sur ce point permis de dresser des perspectives de coopération pour lutter contre la désinformation et la manipulation des médias par la Russie “qui ne se limite pas à l’Ukraine mais s’étend en Afrique et en Amérique latine” selon les mots d’un représentant de la Commission européenne.

 


Tournons-nous désormais du côté de la culture avec le projet de Micro-folies en Europe, un projet soutenu par le président français Emmanuel Macron. Pouvez-vous nous expliquer son fonctionnement ? 

Et bien les Micro-folies sont un dispositif de musée numérique interactif développé il y a cinq ans par la Villette avec l’objectif d’atteindre un public plus large que celui habitué des musées. Immersif, totalement gratuit et à destination des petits et grands, ce dispositif regroupait jusque là quelque 2000 œuvres, françaises pour la plupart, mais également issues de collections internationales.

Un projet en pleine expansion depuis le début de la présidence française. 

Oui effectivement, déjà présent dans plusieurs villes européennes comme Milan, Helsinki ou Vilnius, le réseau Micro-Folie s’est étendu dès le mois de mars dans tous les pays de l’Union européennes. Ces musées peuvent aussi être itinérants afin d’amplifier la couverture du territoire en direction des quartiers périphériques et des zones rurales.

Le 17 mai, le projet, porté par le ministère français de la Culture et le musée parisien de la Villette, a pris une toute nouvelle dimension européenne. 

Le 17 mai dernier était marqué par l’inauguration de la Collection “Union européenne” du Musée numérique à Molenbeek, l’une des communes de la ville de Bruxelles et première ville européenne à accueillir ce dispositif il y a plusieurs mois déjà. L’occasion de faire découvrir au public européen une toute nouvelle section proposant non seulement une immersion dans les œuvres du Louvres ou du Château de Versailles, mais aussi cette fois des chefs d’œuvres venant des quatre coins du continent.

 

Juliane Barboni  – Laura Léger 

 

Image credit :  Scott James Remnant/Parlement européen


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