AUJOURD’HUI EN EUROPE – JEUDI 5 MAI

Écrit par sur 5 mai 2022

L’essentiel de l’actualité européenne du jour :

  • La Finlande et la Suède candidates à l’OTAN suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie
  • Bruxelles : la décision de la Cour suprême des Etats-Unis qui vise à reculer le droit à l’avortement fait du bruit
  • De nombreuses manifestations en Arménie pour la démission du Premier ministre Nikol Pachinian
  • Le Comité européen des régions s’est adressé au Parlement lors de la session plénière finale de la COFOE

La Finlande et la Suède candidates à l’OTAN suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie

Commençons ce journal en nous intéressant à la candidature de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Les deux pays sont des partenaires actifs de l’alliance transatlantique, bien qu’officiellement non-alignés militairement. Une situation qui est amenée à changer si l’on en croit les récents développements suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. 

Effectivement, le début de la guerre en Ukraine a forcé la Suède et la Finlande à réévaluer leur neutralité militaire de longue date. “Il y a un avant et un après le 24 février”, a déclaré le mois dernier, la Première ministre suédoise Magdalena Andersson.

En Finlande, pays encore marqué par une longue période de domination russe et qui partage une frontière de 1300 kilomètres avec la Russie, on envisage aussi de plus en plus une adhésion à l’alliance atlantique.

Les deux pays procèdent actuellement au réexamen de leur politique de sécurité, en vue d’une possible candidature. 

Dans le cas de leur dépôt de candidature, la Finlande espère d’ailleurs une ratification “la plus rapide possible” par les 30 membres de l’OTAN, selon les mots de la Première ministre Sanna Marin.

Une ratification qui nécessite l’accord à l’unanimité des membres de l’alliance transatlantique. 

D’ailleurs, l’Allemagne a d’ores et déjà manifesté son soutien aux deux candidatures. “La Finlande et la Suède peuvent compter sur le soutien de l’Allemagne en cas d’une éventuelle demande d’adhésion à l’OTAN”, a tweeté M. Scholz mardi dernier, après s’être entretenu avec les représentant.es suédois.es et finlandais.es invité.es à Berlin.

Malgré le soutien de la plupart des puissances occidentales, la possible adhésion des deux pays à l’OTAN pourrait être retardée par les réticences croates. 

C’est vrai, mardi dernier, le Président croate Zoran Milanovic a déclaré qu’il bloquerait l’admission de la Suède et de la Finlande. En effet la Croatie tente d’utiliser ce levier dans le cadre d’un vieux bras de fer sur un tout autre sujet.

Zagreb affirme qu’elle s’opposera à l’adhésion de la Finlande et de la Suède tant que la loi électorale de Bosnie-Herzégovine n’aura pas été modifiée, au profit de la communauté croate qui s’y trouve.

 

 

Bruxelles : la décision de la Cour suprême des Etats-Unis qui vise à reculer le droit à l’avortement fait du bruit

 

 

Rendons nous maintenant à Bruxelles, où la nouvelle selon laquelle la Cour suprême des Etats-Unis s’apprête à faire reculer le droit à l’avortement fait réagir les eurodéputés dans l’hémicyle. 

Le camp des parlementaires est scindé en deux. Si certains groupes se réjouissent d’une telle décision, la plupart condamnent fermement cette décision de la Cour Suprême américaine. L’eurodéputée Sophie in’t Veld, membre de Renew, a déploré sur Twitter que “les droits des femmes [soient] jetés en arrière d’un siècle”. Peu de temps après, la Présidente du Parlement européen Roberta Metsola a insisté sur le fait que la position de l’UE en faveur du droit à l’avortement est intangible : “Nous pouvons discuter de la position des États-Unis”, a déclaré Mme Metsola. “Mais ici, en Europe, il n’y a pas de discussion.”

Une déclaration à nuancer au regard de situations différentes dans l’Union européenne, où de nombreuses discussions ont encore lieu au sujet du droit à l’avortement. 

Premièrement la Présidente du Parlement européen Roberta Metsola elle-même, originaire de Malte, avait voté contre le droit à l’avortement durant son mandat d’eurodéputée. L’occasion de rappeler qu’à Malte, l’avortement reste interdit dans tous les cas. Le droit à l’IVG fait également l’objet d’un débat très vif qui divise la Pologne, où le gouvernement a interdit la quasi totalité des droits de recours à l’avortement en 2020.

 

 

De nombreuses manifestations en Arménie pour la démission du Premier ministre Nikol Pachinian

 

 

Dirigeons-nous maintenant vers l’Arménie où, depuis quelques jours, se poursuivent de nombreuses manifestations exigeant la démission du Premier ministre Nikol Pachinian. 

Quelles sont les raisons de cette nouvelle poussée de fièvre du peuple arménien ? 

L’opposition arménienne organise ces manifestations depuis le 17 avril afin de tenter une nouvelle fois de chasser du pouvoir le Premier ministre Nikol Pachinian. Ce dernier est accusé par les manifestant.es d’être un traître à la nation, après avoir demandé aux Arménien.nes “d’abaisser le niveau de leurs exigences” au sujet du statut du Haut-Karabakh. Une référence au conflit contre l’Azerbaïdjan dans la région du Haut-Karabakh.

Pourriez-vous nous rappeler l’historique de ce conflit ?

Le Haut-Karabakh est une région montagneuse disputée depuis une trentaine d’années par l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Peuplée majoritairement d’Arménien.nes, elle est cependant reconnue par la communauté internationale comme une région d’Azerbaïdjan. Depuis le début des années 1990, après une guerre sanglante, ce sont les Arménien.nes qui exerçaient un contrôle de la région. En 2020, une guerre de 6 semaines a éclaté dans la région faisant au moins 6.500 mort.es, avant qu’un cessez-le-feu ne soit négocié sous l’égide de la Russie. Défaite, l’Arménie s’est vue contrainte de céder une partie de la région qui était sous son contrôle depuis les années 1990 et une force de paix russe est désormais déployée dans la région. Cet accord est considéré par les citoyen.nes arménien.nes comme une humiliation nationale.

 

 

Le Comité européen des régions s’est adressé au Parlement lors de la session plénière finale de la COFOE

 

 

Terminons ce journal en nous intéressant au travail du Comité européen des régions. Des représentant.es de cet organe consultatif de l’UE se sont adressé.es la semaine dernière au Parlement, à l’occasion de la session plénière finale de la Conférence pour l’Avenir de l’Europe. 

En effet, les 29 et 30 avril dernier, la session plénière de la COFOE s’est réunie pour la dernière fois et a adopté plus de 49 propositions, sur la base de recommandations des citoyen.nes européen.nes. Le Président du Comité des régions a salué cette expérience de gouvernance du bas vers le haut et a déclaré : “Nous considérons cette conférence comme un message d’espoir et il est entre nos mains de faire de cet espoir une réalité. “

L’occasion également de demander le changement de nom et de rôle du Comité des régions.

Effectivement, le Président Apostolos Tzitzikostas a suggéré, lors de son discours au Parlement, le changement du nom du Comité européen des régions, en Assemblée européenne des régions et des municipalités, “avec un rôle plus fort et en accord avec le mandat démocratique des 1,2 million d’élu.es direct.es des régions, villes et villages”, selon les mots de M. Tzitzikostas.

 

Juliane Barboni & Laura Léger

 

Image credit : Jeanne Manjoulet/Flickr


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