L’EUROPE AU PLUS PRÈS – VENDREDI 25 MARS

Écrit par sur 25 mars 2022

Bienvenue dans cette édition de « L’Europe au plus près » où nous suivons, chaque semaine, l’actualité des différentes institutions de l’Union européenne.  

Cette semaine, revenons ensemble sur la session plénière du Parlement européen qui a eu lieu du 23 au 24 mars à Bruxelles. A l’ordre du jour notamment la réponse de l’UE à l’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes il y a tout juste un mois. 

Oui les députés européens ont largement discuté des mesures de soutien aux Etats membres accueillant les réfugiés ukrainens et du financement de ces aides par les fonds de cohésion de l’Union. Jeudi dernier, le Parlement européen a donc donné son aval pour réorienter plus de 10 milliards d’euros pour venir en aide aux réfugiés. De plus, 420 millions d’euros pourraient être débloqués et dépensés dans l’hébergement, la nourriture et les soins de santé des réfugiés ukrainiens.

Outre le soutien aux pays membres, les parlementaires ont également débattu des conséquences de la guerre en Ukraine. Avec une première priorité : la crise énergétique qui touche l’ensemble du continent européen. 

Effectivement le Parlement européen a échangé jeudi dernier avec les représentants du Conseil et de la Commission à propos de l’approvisionnement et du prix du gaz en Europe. Ce débat suit la proposition de la Commission publiée le 23 mars dernier. Cette dernière oblige les Etats membres à fixer à 80% le niveau minimal de leur stockage de gaz, afin de garantir l’approvisionnement énergétique de l’Union pour l’hiver prochain. De plus, une majorité de députés se sont prononcés en faveur d’un déploiement plus rapide des énergies renouvelables afin de rendre l’Europe indépendante des combustibles fossiles en provenance de la Russie.

 


L’afflux des réfugiés dans les pays limitrophes de l’Ukraine provoque également des bouleversements dans les pays en dehors de l’Union européenne. La Moldavie notamment, un des pays les plus pauvres d’Europe, a accueilli plus de 330 000 réfugiés depuis le début de la guerre en Ukraine. 

En effet, Thomas, un mois après le début de la guerre en Ukraine, la Moldavie a accueilli le plus grand nombre de réfugiés ukrainiens en Europe, par rapport à sa population. “Les ressources du pays sont limitées et nous ne voudrions pas que cela affecte ou devienne un fardeau pour les citoyens de Moldavie. C’est pourquoi nous nous adressons à tous nos partenaires pour leur demander un soutien dans cette situation”, a déclaré Ala Nemerenco, le ministre moldave de la Santé, mardi dernier.

Un appel entendu par les parlementaires qui ont approuvé jeudi dernier, l’octroi d’une aide de 150 millions d’euros à la Moldavie.

Effectivement, le 24 mars dernier les députés ont adopté à une très large majorité la proposition de la Commission visant à octroyer une assistance à la Moldavie. Cet argent doit aider le pays à stabiliser sa situation économique, fragilisée par l’afflux récent de centaines de milliers de réfugiés. Néanmoins le versement de cet argent est conditionné à des progrès de la Moldavie dans la mise en œuvre du programme économique du FMI. Le pays doit également renforcer sa lutte contre la corruption.

Les services frontaliers moldaves subissent également une forte pression à cause de l’afflux des réfugiés ukrainiens. 

Oui, à ce propos les députés européens ont donné leur accord jeudi dernier au déploiement de Frontex aux frontières de la Moldavie. Cet accord a pour objectif de soutenir les autorités moldaves dans leurs activités, en réponse à la hausse des réfugiés traversant le pays.

 


Mercredi 23 mars, les représentants du Conseil et de la Commission se sont également exprimés à propos du scandale du Crédit Suisse. L’occasion pour les députés de débattre des normes européennes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. Pouvez-vous nous rappeler l’historique de ce scandale Juliane ? 

Oui Thomas, le 17 février dernier, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a accusé la banque suisse d’avoir hébergé des dizaines de milliards d’euros de fonds d’origine criminelle ou illicite, et ce pendant plusieurs décennies. Le Crédit Suisse aurait accepté des clients autocrates, des trafiquants de drogue et d’être humains ainsi que des criminels de guerre présumés.

Si la banque dément fermement ces informations, ce scandale relance le débat autour d’une possible inscription de la Suisse sur la liste européenne des paradis fiscaux. 

Effectivement, ces révélations poussent certaines voix à demander l’inscription de la Suisse sur la liste européenne des pays qui, selon la Commission européenne, ne dispose pas d’une loi suffisamment forte contre le blanchiment d’argent. “Les banques européennes et suisses ont des liens étroits. Les carences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent dans le secteur bancaire suisse posent donc également un problème pour le secteur financier européen”, a fait observer l’eurodéputé Markus Ferber, du parti populaire européen.

 


Terminons ce tour de l’actualité de la session plénière du Parlement européen en nous intéressant à la création de trois nouvelles commissions. En effet, jeudi 24 mars, le Parlement a annoncé les noms des députés qui siégeront dans ces nouvelles commissions mises en place le 10 mars dernier. Quelles seront leurs missions ? 

Effectivement Thomas, lors de la séance plénière du 7 au 10 mars, le Parlement a décidé de créer deux nouvelles commissions traitant respectivement de l’ingérence étrangère et de la pandémie de Covid-19. En addition, la création d’une nouvelle commission d’enquête sur l’utilisation du logiciel espion Pegasus par certains Etats membres a été approuvée par les eurodéputés.

Quelles seront les prérogatives de cette commission d’enquête Juliane ? 

Eh bien, elle aura pour mission d’examiner les violations présumées ou les mauvaises applications du droit européen, par certains Etats membres, concernant l’utilisation du logiciel espion israélien Pegasus. L’utilisation par la Hongrie et la Pologne de cette arme numérique a été révélée au mois de juillet et de décembre dernier, à la suite d’une enquête d’un consortium international de journalistes. Des faits qui seront passés en revue par la nouvelle commission d’enquête du Parlement.

 

Juliane Barboni – Thomas Kox

 

Image credit : Crédit Suisse Groupe AG/Commons Wikimédia 


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