L’EUROPE AU PLUS PRÈS – VENDREDI 18 MARS

Écrit par sur 18 mars 2022

Bienvenue dans cette édition de « L’Europe au plus près » où nous suivons, chaque semaine, l’actualité des différentes institutions de l’Union européenne.  

Cette semaine, intéressons-nous à la réunion  de l’Eurogroupe de lundi dernier, le 14 mars 2022. L’Eurogroupe rassemble les dix-neuf Etats membres de l’UE qui ont adopté l’euro comme monnaie. Les ministres de l’Economie et des Finances de ces pays se réunissent chaque mois au sein du Conseil européen, cette autre institution qui regroupe les chefs de gouvernement des 27. Quel est l’objectif de ces réunions ?

Depuis sa création en 1997 par le Conseil européen, l’Eurogroupe réunit chaque mois les ministres de l’Économie des Etats membres de la zone euro. A travers ces réunions informelles, l’objectif est de coordonner les politiques économiques des différents gouvernements, dans le but d’aider le travail du Conseil ECOFIN, qui regroupe l’ensemble des ministres de l’Économie de l’UE.

Quelles sont les prérogatives de ce Conseil des ministres ? 

Le Conseil ECOFIN ou Conseil pour les affaires économiques et financières exerce le pouvoir législatif en matière économique, parfois en codécision avec le Parlement européen. Il a pour responsabilité de surveiller les politiques budgétaires de l’Union et de les coordonner au sein des Etats membres. En outre, il coordonne les positions adoptées par l’UE pour les réunions internationales telles que celles du G20 ou du FMI. Les réunions de l’Eurogroupe, en préparation du Conseil ECOFIN, sont donc primordiales pour que les Etats partageant l’euro coordonnent leurs actions.

 


Lundi dernier les ministres se sont réunis pour définir les nouvelles orientations budgétaires de la zone euro pour l’année prochaine. Quels étaient les enjeux spécifiques à l’ordre du jour ? 

Eh bien, les ministres des finances européens se sont tout d’abord félicités de l’état de la croissance européenne. En effet, deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, les économies européennes se sont bien remises de la crise. La production des États membres est même estimée supérieure aux niveaux d’avant la crise sanitaire. Le taux d’emploi  atteint également un niveau record dans tous les Etats membres.

Prenant compte de ces bonnes nouvelles, les ministres de l’économie ont décidé de resserrer quelque peu la politique budgétaire de l’année prochaine. 

Effectivement ! Après trois années à injecter des milliards dans l’économie, en raison de la pandémie de coronavirus, les ministres des finances européens ont recommandé aux Etats membres de passer d’une position de soutien à une position de neutralité pour l’année 2023. Une recommandation initialement publiée par la Commission européenne le 2 mars dernier, et une position de bon sens pour le Conseil, alors que les pays de l’UE sont sortis de la crise sanitaire avec des dettes importantes.

Les ministres de l’Eurogroupe appellent d’ailleurs les Etats membres qui en sont capables à réduire leur dette. 

Oui, les ministres ont convenu que les pays fortement endettés, comme l’Italie ou la Grèce, devaient se concentrer sur la réduction de leur dette, tandis que les pays faiblement endettés doivent, eux,  privilégier l’investissement.

Malgré les bons résultats économiques de la zone euro, des incertitudes persistent, notamment concernant l’inflation dans l’UE, qui reste élevée plus longtemps que prévu. 

En effet, depuis le mois d’octobre le taux d’inflation dans la zone euro atteint des records. L’inflation devrait s’établir à 5,1 % en moyenne en 2022, soit bien plus que l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale européenne. Jeudi dernier, lors d’un colloque à Francfort la présidente de la BCE, Christine Lagarde s’est déclarée “de plus en plus convaincue que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma connu avant la pandémie”.

 


Autre sujet d’incertitude pour l’Eurogroupe : la guerre en Ukraine et ses conséquences sur l’économie des Etats membres. Des conséquences qui vont sans doute s’accompagner dans un futur proche  de problèmes d’approvisionnement. Quelles sont les mesures envisagées par les ministres pour soutenir l’économie européenne ? 

Eh bien, les représentants des 27 Etats membres se sont dit prêts à injecter des millions si la guerre en Ukraine l’exigeait. “Compte tenu des incertitudes et des risques, nous devons rester agiles et flexibles dans notre réponse politique”, a déclaré Paschal Donohoe, président de l’Eurogroupe et ministre irlandais des finances.

Quelles sont les conséquences attendues de la guerre en Ukraine sur l’économie européenne selon les ministres ? 

Le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe s’est montré clair sur la question. Selon lui, les effets de cette guerre se font déjà sentir dans toute l’Europe et la zone euro. “Cette crise aura un impact sur la croissance. Elle a affecté nos chaînes d’approvisionnement et fait grimper les prix de l’énergie à des niveaux difficiles à supporter pour les ménages et les entreprises.” a-t-il souligné dans un communiqué, lundi dernier. Des déclarations partagées par la BCE, pour qui la croissance de la zone euro sera plus lente de 0,5% cette année, et ce en raison de la guerre menée par les forces russes en Ukraine.

Les sanctions américaines et de l’UE à l’encontre de la Russie risquent également d’ébranler durablement le marché européen de l’énergie selon la BCE. 

Tout à fait ! Les embargos américain et britannique sur le pétrole et la réduction annoncée des importations d’hydrocarbures russes par l’UE inaugurent “une nouvelle ère d’inflation des prix de l’énergie”, a affirmé Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, le 17 mars dernier.

De son côté, l’OCDE évalue le coût de la guerre en Ukraine à plus d’un point de croissance mondiale en un an. En effet, la Russie et l’Ukraine représentent 30% des exportations mondiales de blé et 20 % du gaz naturel mondial.

 

Laura Léger – Thomas Kox

 

Image credit : EU20017EE Estonian presidency/Wikimédia Commons


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