L’EUROPE AU PLUS PRÈS – VENDREDI 18 FÉVRIER

Écrit par sur 18 février 2022

Bienvenue dans cette édition de « L’Europe au plus près » où nous suivons, chaque semaine, l’actualité des différentes institutions de l’Union européenne. 

Cette semaine, revenons ensemble sur la session plénière du Parlement européen qui s’est tenue du 14 au 17 février 2022. Les législateurs y ont en premier lieu évoqué la crise ukrainienne.

Oui, mercredi 16 février, les eurodéputés ont tenu un débat avec le président du Conseil européen Charles Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères Josep Borrell. Ils y ont exprimé leur solidarité envers le peuple ukrainien, alors que les incertitudes perdurent quant aux intentions hostiles de Moscou. La nouvelle présidente du Parlement européen Roberta Metsola a, pour sa part, appelé l’UE à agir face “à une menace pour la paix en Europe”.

Le même jour, les eurodéputés se sont prononcés sur l’envoi d’une aide financière importante à l’Ukraine.

Oui, avec une majorité écrasante de près 600 voix pour, le Parlement a approuvé une aide d’1,2 milliard d’euros, destinée à soutenir l’économie ukrainienne, fortement mise à mal par les discours anxiogènes de ces dernières semaines. Toutefois, les eurodéputés ont posé des conditions à l’envoi de ce prêt, notamment “des mécanismes démocratiques efficaces, incluant l’Etat de droit et des garanties de respect des droits humains”.

En ce qui concerne la sécurité européenne, les eurodéputés ont encouragé jeudi les 27 Etats-membres de l’UE à renforcer leur politique étrangère.

Oui, selon eux, les décisions au sein des institutions européennes en ce qui concerne les affaires étrangères ne devraient plus se faire selon la règle de l’unanimité, mais selon celle de la majorité qualifiée. Cela rendrait l’action de l’UE plus rapide et plus unie, par exemple lors de la préparation des potentielles sanctions à imposer à la Russie en cas d’invasion de l’Ukraine. Selon la rapporteure française Nathalie Loiseau, du groupe Renew Europe, “l’Europe doit de toute urgence apporter de nouvelles réponses, telles qu’une capacité de réaction rapide et des quartiers généraux européens”.


Plus généralement, lors de cette session plénière les eurodéputés se sont alarmés du nombre croissant de régimes non démocratiques dans le monde.

Oui, dans un autre rapport adopté jeudi à près de 500 voix pour et 80 contre, les députés européens constatent qu’aujourd’hui dans le monde, les régimes considérés comme autoritaires sont désormais plus nombreux que les démocraties libérales. Un problème de plus en plus évident, compte tenu, toujours selon les législateurs européens, de la tendance de ces régimes non démocratiques à réprimer leurs opposants au sein de leur propre population, ou à enfreindre systématiquement les règles et conventions internationales.

Ce rapport sur la démocratie dans le monde appelle l’UE à “user de son influence économique dans ses relations commerciales” pour promouvoir les valeurs de la liberté, la démocratie et l’Etat de droit.

La responsable de ce rapport, l’espagnole Soraya Rodriguez, a ainsi rappelé que – je la cite – “la Chine, la grande puissance économique mondiale mais avec un système dictatorial au parti unique, veut réorganiser l’ordre mondial et réinterpréter les droits humains”. Pour contrer cela, l’Union européenne devrait, selon elle, davantage conditionner ses partenariats commerciaux au respect de l’Etat de droit et des libertés fondamentales.

Cette promotion des valeurs européennes n’est même pas encore totalement acquise au sein du Parlement. Cette semaine, l’un de ses membres s’est fait particulièrement remarquer pour avoir effectué un salut nazi avant de quitter l’hémicycle. 

Oui, mercredi 16 février, en pleine session plénière, l’eurodéputé nationaliste bulgare Angel Dzhambazki a effectué un salut nazi avant de quitter l’hémicycle. L’élu bulgare venait de participer à un débat houleux sur les violations récurrentes de l’Etat de droit ou des règles européennes par les Etats de Hongrie et de Pologne. La présidente de l’institution Roberta Metsola a aussitôt condamné “un salut fasciste dans le Parlement”, des sanctions sont actuellement en discussion.


Terminons cette édition en revenant sur un dernier rapport adopté par les eurodéputés à Strasbourg. Il concerne cette fois-ci la santé publique en Europe, et plus précisément l’action de l’UE pour lutter contre le cancer. 

Oui Noé, mercredi 16 février, les eurodéputés ont voté à une large majorité un rapport posant un constat apparemment simple : 40% de l’ensemble des cancers en Europe pourraient être évités grâce à “des actions coordonnées portant sur les facteurs de risques liés au mode de vie et au travail”. L’accent devrait donc, selon les législateurs, être porté sur la prévention au niveau national et européen : par exemple renforcer les mesures incitant les personnes à arrêter de fumer, ou adopter un étiquetage harmonisé parmi les 27 en ce qui concerne les valeurs nutritionnelles des produits alimentaires.

Cette prévention renforcée doit néanmoins être complétée par un renforcement de l’actuel plan européen de lutte contre le cancer, aujourd’hui doté d’un budget de 4 milliards d’euros.

Tout à fait ! Parmi les recommandations présentées par les députés : un meilleur accès aux soins de santé transfrontaliers pour les patients atteints d’un cancer, c’est-à-dire garantir la possibilité pour chacun de se faire soigner dans un autre Etat-membre si nécessaire. Ou encore une gestion plus efficace des pénuries de médicaments en Europe.

Le rapport adopté préconise également de financer des actions pour réduire les dommages liés à la consommation d’alcool. 

Oui c’est vrai, toujours selon ce texte, en Europe 10% des cancers chez les hommes et 3% des cancers chez les femmes sont attribuables à l’alcool. L’eurodéputée française du groupe Renew Europe Véronique Trillet-Lenoir préconise donc de renforcer la communication sur les dégâts de l’alcool pour la santé. Des mesures qui ont néanmoins fait réagir les membres du Parti populaire européen, pour qui la position défendue par l’UE serait trop stricte en matière d’alcool. Selon eux, seul “l’abus” et non la consommation d’alcool serait un facteur de risque de cancer. Nathalie Colin-Oesterlé a aussi rappelé l’importance de ce secteur économique en Europe.

 

 

Romain L’Hostis – Noé

 

Image credit : Treehill/Wikimedia commons


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