LE JOURNAL DES 27 – MARDI 17 MAI

Écrit par sur 17 mai 2022

Bienvenue dans cette édition du journal des 27, l’émission qui suit le travail de la présidence française de l’UE. Depuis le 1er janvier 2022 et jusqu’à la fin du mois de juin, c’est la France qui est ainsi chargée de coordonner le travail des 27 au sein du Conseil de l’Union européenne, institution qui réunit les ministres des différents Etats-membres. 

 

 

La semaine dernière Emmanuel Macron s’est rendu à Strasbourg à l’occasion de la clôture des travaux de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. L’occasion pour le président de saluer cette expérience inédite.

Effectivement, lundi 9 mai, c’était la journée de l’Europe, mais aussi le jour de rendu du rapport final de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Lors de la cérémonie de clôture, étaient présents, la présidente du Parlement, Roberta Metsola, et le président Emmanuel Macron, présent au nom du Conseil. Le rapport de la Conférence compile 49 propositions, comprenant plus de 320 mesures concrètes, proposées par les citoyens européens.

Quelle est la suite du processus maintenant ? 

Les institutions de l’UE, dont le Conseil doivent maintenant assurer le suivi des propositions du rapport final. Ce dernier est articulé en 9 thématiques, dont le changement climatique, la justice sociale et l’emploi. A ce sujet, Emmanuel Macron a déclaré : “Les conclusions constituent une source très riche de propositions. Nous devons faire en sorte que l’Union réponde aux aspirations et aux attentes exprimées par les citoyens. […] Car cette conférence ne doit pas s’arrêter là”.

Quelles sont les propositions phares du rapport ? 

Les mesures présentées par la Conférence portent notamment sur une réorientation de la production d’énergie vers les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance énergétique extérieure. Mais aussi l’instauration d’un droit aux soins de santé pour tous les citoyens de l’UE et l’amélioration de l’éducation sur les questions environnementales et les valeurs de l’UE.

 


Lors de cette cérémonie de clôture, le président français a présenté sa vision du futur de l’UE. 

Oui, lors de son discours à Strasbourg, le président français a avancé une proposition radicale concernant l’avenir de l’Europe. Le chef d’Etat imagine une nouvelle “confédération européenne”, qui inclurait à la fois des Etats membres et non-membres de l’UE.

Une déclaration vue par certains comme un lot de consolation pour l’Ukraine. 

En effet, pour beaucoup, cette proposition serait animée par le désir de trouver une solution d’urgence à la candidature de l’Ukraine à l’Union. Le pays, qui fait toujours face à l’offensive de l’armée russe espère bénéficier d’une procédure accélérée à l’entrée dans l’UE. Une “aspiration légitime” selon les mots du président français mais qui ne pourrait se réaliser dans de bonnes conditions avant peut-être des “décennies”, a-t-il ajouté.

Quels avantages présenterait cette nouvelle organisation européenne ? 

Eh bien selon Emmanuel Macron, cette formation permettrait aux nations européennes démocratiques de resserrer leurs liens et leur coopération en matière de politique, de sécurité, d’énergie ou encore de transport. Une proposition qui aurait aussi l’avantage de donner également un signal d’ouverture en direction du Royaume-Uni.

Un type d’organisation qui n’est pas inédit en Europe. 

Effectivement, il n’est pas rare que pays membres et non-membres de l’UE coopèrent au sein de différents niveaux d’organisations. L’exemple le plus parlant reste celui de l’espace Schengen. Certains États membres de l’UE comme la Croatie, l’Irlande ou encore la Roumanie, ne font pas partie de l’espace Schengen. Contrairement à l’Islande et au Liechtenstein qui ne font pas partie de l’Union européenne mais qui participent à l’espace de libre circulation.

Quelles ont été les réactions au sein des Etats membres ? 

En visite à Berlin auprès d’Olaf Scholz, la proposition du président français a été reçue avec un intérêt poli mais sans plus. Le chancelier allemand s’est néanmoins dit “très heureux” d’en discuter, même s’il est “clair que cela ne doit pas nous dissuader des processus d’adhésion sur lesquels nous travaillons depuis déjà longtemps”, a-t-il déclaré. Du côté de l’Italie, Enrico Letta, ancien Premier ministre et chef du Parti démocrate italien, avait d’ores et déjà proposé une “confédération européenne” avec des pays candidats à l’adhésion.

 


Autre actualité cette semaine au Conseil de l’UE : un accord provisoire passé avec le Parlement au sujet de la politique numérique de l’UE, et notamment sa défense en matière de cybersécurité. Un sujet de toute importance, alors que depuis plus de 2 ans les cyberattaques se multiplient en Europe. 

En effet, la Cour des Comptes européennes a publié un rapport le 29 mars dernier, arguant que le nombre de cyberattaques en Europe est en nette augmentation. Une situation d’autant plus inquiétante que les Etats membres ne sont pas préparés à faire face à ces menaces. Selon les auditeurs, bien que le niveau de préparation en matière de cybersécurité varie d’un organe de l’UE à l’autre, les institutions ne sont globalement pas assez à l’abri des menaces de cyberattaques. De plus, le rapport de la Cour des Comptes révèle plusieurs failles des systèmes informatiques de l’UE, notamment dûes de leurs interconnexions.

Que prévoit l’accord provisoire adopté conjointement par le Conseil et le Parlement à ce sujet ? 

L’objectif de la PFUE via cet accord, est de fixer des règles minimales en matière de réglementation, en renforçant les mécanismes de coopération entre Etats membres. Au cœur des discussions, les ministres au sein du Conseil, considèrent que l’UE doit être en mesure de répondre à la multiplication des cyber-menaces.

La cybersécurité fait d’ailleurs partie des priorités affichées par la PFUE. 

Tout à fait, en guise de clôture de la présidence française, se tiendra les 7 et 9 juin prochain le Forum International de la Cybersécurité. Cet événement organisé à Lille, à pour thème “l’avenir numérique de l’Europe”. A l’ordre du jour, la nécessité pour l’Europe de se doter d’outils diplomatiques lui permettant de dissuader d’éventuelles menaces, et la promotion d’une collaboration européenne plus approfondie.

 

Juliane Barboni – Laura Léger

 

 

Image credit : Jaydeep/Pixabay


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