Aujourd’hui en Europe – Mercredi 24 novembre

Écrit par sur 24 novembre 2021

L’essentiel de l’actualité européenne du jour :

  • Sommet entre l’UE et les pays d’Asie centrale
  • Traité franco-italien : une étape importante pour les voisins d’Europe de l’Ouest
  • Grève de milliers d’ouvriers en Bosnie-Herzégovine

 

Sommet entre l’UE et les pays d’Asie centrale

 

Commençons notre tour de l’Europe en quittant l’Europe, une fois n’est pas coutume, pour aller en Asie, plus précisément à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. Lundi 22 novembre s’y est tenu un sommet entre l’Union européenne et les pays d’Asie centrale, à savoir le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Sur quoi ont porté leurs discussions ?

Cette réunion a réuni les ministres des affaires étrangères des pays d’Asie centrale, ainsi que le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, et la commissaire aux partenariats internationaux Jutta Urpilainen. Lors de cette rencontre qui devra normalement se réitérer en 2022, la délégation de l’UE a engagé les discussions sur le partenariat avec l’Asie centrale, et notamment en présentant son initiative en cours de préparation “EU Global Gateway”.

Grâce à ce “portail mondial de l’UE” (en français) et à son budget de plus de 40 milliards d’euros, l’UE espère financer des projets technologiques et d’infrastructures – par exemple des transports durables – avec des partenaires extra-européens.

Tout à fait ! L’idée derrière cela est d’assurer la présence européenne à l’internationale, et ainsi de concurrencer l’action par exemple de la Chine et de son programme “Nouvelle route de la soie”, ce vaste réseau d’infrastructures maritimes et routières construites ou rachetées par la Chine depuis le port du Pirée à Athènes jusqu’à Pékin, en passant par exemple justement par le Kazakhstan. Mais à la différence de la Chine, l’UE demande en retour “des progrès en matière d’Etat de droit et de démocratie” dans la région d’Asie centrale.

Bien que l’Afghanistan fasse partie de l’Asie centrale, le pays n’était pas représenté à la réunion. En revanche, il était l’un des principaux enjeux des débats, car le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, présents au sommet, partagent une frontière avec ce pays. 

Oui, l’UE a demandé à ces pays d’intensifier la coopération régionale pour faire face aux conséquences de la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, et notamment pour empêcher le trafic d’êtres humains en provenance de ce pays qui sombre de plus en plus dans une grave crise humanitaire. La commissaire Jutta Urpilainen a présenté le programme d’aide à l’Afghanistan et son budget d’un milliard d’euros, dont la moitié sera destinée aux pays voisins touchés par la crise.

S’ils sont d’accord pour apporter une aide humanitaire à l’Afghanistan, les pays d’Asie centrale refusent pour l’instant d’accueillir des réfugiés en provenance d’Afghanistan. 

En revanche, Josep Borrell a obtenu de la part de pays comme l’Ouzbékistan qu’ils imposent des restrictions à leurs compagnies aériennes pour leur interdire de transporter vers la Biélorussie des migrants provenant d’Afghanistan, de Libye ou encore de Syrie. L’objectif est de ne pas aggraver la crise migratoire déjà en cours dans ce pays où des centaines de migrants sont envoyés par le régime d’Alexandre Loukachenko contre la frontière fermée de la Pologne.

 

Traité franco-italien : une étape importante pour les voisins d’Europe de l’Ouest

 

Tournons-nous à présent vers Rome, où le chef du gouvernement italien Mario Draghi et le président français Emmanuel Macron doivent signer ce jeudi 25 novembre un traité d’amitié et de coopération. Une étape importante dans la longue histoire entre ces voisins d’Europe de l’Ouest ?

On peut l’espérer Thomas, car, certes, les deux pays sont parmi les fondateurs de l’Union européenne, et ils partagent la même monnaie, l’euro. Pourtant, les relations entre la France et l’Italie ont souvent été marquées par des brouilles diplomatiques. L’Italie n’était par exemple pas très favorable à l’ intervention militaire franco/britannique en Libye en 2011. Une intervention à l’origine de la guerre civile qui déchire encore le pays aujourd’hui, et qui entraîne l’arrivée en Italie de centaines de migrants chaque année. Plus récemment, en février 2019, en pleine crise sociale des “Gilets jaunes”, la France avait rappelé son ambassadeur en Italie, après que le vice/premier ministre italien Luigi Di Maiao se soit rendu aupres de representants des gillets jaunes, sans meme avoir prevenu les autorites francaises de son deplacemebnt;

La signature cette semaine de ce traité d’amitié franco-italien, le Traité du Quirinal, devrait tourner la page de ces bisbilles et ouvrir  la voie à une relation plus sereine entre les deux Etats.

En Europe, on cite souvent l’exemple du couple franco-allemand depuis le traité de l’Elysée signé il y a près de 60 ans puis le Traité d’Aix-la-Chapelle de 2019. Comment le traité du Quirinal entend s’inspirer de ce précédent exemple pour encadrer durablement l’amitié proprement franco-italienne ?

Officiellement, ce traité franco-italien coordonnera la position des deux pays en matière de politique de sécurité, politique migratoire, mais aussi d’économie, de recherche et de culture. Concrètement, il mettra en place des mécanismes de dialogue permanent entre les deux pays. Cela devrait notamment éviter de nouveaux malentendus comme en 2017 lorsque le président Emmanuel Macron avait interrompu la vente des chantiers de l’Atlantique de Saint Nazaire au groupe italien Fincantieri, sans consulter l’Italie au préalable.

 

Grève de milliers d’ouvriers en Bosnie-Herzégovine

 

 

Terminons ce journal en Bosnie-Herzégovine, où mardi des milliers d’ouvriers ont cessé leur travail dans les mines de charbon et se sont déclarés en grève.

Oui Thomas, au total ce sont sept mines de charbon du groupe industriel public Elektroprivreda BiH qui sont concernées. Les grévistes dénoncent des violations de leurs conditions de travail et de salaire. Selon le président de la Fédération des syndicats de mineurs Sinan Husic, le salaire de base a été réduit de manière arbitraire de 850 marka à 570 soit un peu moins de 300 euros.Le gouvernement central se fait pour l’instant très discret sur ce dossier.

Ce conflit social intervient dans un contexte de transformation énergétique en Bosnie.

En effet, bien qu’elle possède d’importantes réserves naturelles de charbon, la république fédérale de/ Bosnie-Herzégovine s’est engagée à renoncer progressivement aux énergies fossiles, au profit des énergies renouvelables. Dans le cadre du processus de candidature à l’entrée dans l’Union européenne, le pays a promis de fermer ses mines et ses centrales à charbon d’ici à 2050. Concrètement, cela signifie une reconversion professionnelle pour les 17000 personnes travaillant dans les mines et les centrales en Bosnie. Un changement social compliqué dans un pays où à l’époque pas si lointaine de la Yougoslavie dirigée par Tito, les mineurs étaient considérés comme des héros de la société.

 

 

Juliane Barboni – Thomas Kox

 

 

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© Hrvatska elektroprivreda building in City of Vukovar Street, Zagreb.


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