Aujourd’hui en Europe – lundi 15 novembre

Écrit par sur 15 novembre 2021

L’essentiel de l’actualité européenne du jour :

  • En 2020, près d’un millier d’attaques informatiques recensées dans l’UE
  • Le parlement grec adopte une nouvelle loi contre les fake news
  • En Bulgarie, abstention record lors de la troisième élection législative de l’année

 

 

En 2020, près d’un millier d’attaques informatiques recensées dans l’UE

 

Débutons ce journal par un constat pour le moins préoccupant que vient de publier l’Agence européenne de cybersécurité (ENISA) : les attaques informatiques se multiplient de plus en plus en Europe.

Oui, basée à Athènes, cette agence européenne de cybersécurité est chargée de faciliter l’échange d’information entre les Etats-membres en ce qui concerne la cybersécurité. A ce titre, l’agence a relevé que les cyberattaques en Europe ont augmenté de 72% depuis un an.

Rien que sur l’année 2020, ce sont près d’un millier d’attaques informatiques qui ont été recensées dans l’UE.

Parmi les épisodes les plus notables, l’ENISA a dû aider le gouvernement irlandais le 14 mai dernier, lorsque le service public de santé a été visé par un virus informatique. Les cyberattaques ont aussi ciblé le parlement norvégien, celui de la Finlande, ou encore  l’Agence européenne des médicaments. Enfin, plus récemment ce sont les téléphones de personnalités politiques, notamment le président français Emmanuel Macron et cinq de ses ministres, qui ont été piratés au moyen du logiciel espion Pegasus.

D’où proviennent ces attaques informatiques ?

D’après le président de la commission du parlement européen sur l’ingérence étrangère Raphaël Glucksmann, les menaces peuvent ainsi provenir de personnes ou de groupes cherchant à extorquer des fonds. Mais ces attaques sont souvent reliées à des autorités étatiques, notamment celles de la Russie, ou encore de la Chine, qui chercheraient notamment à influencer des campagnes électorales, en  diffusant des informations biaisées ou falsifiées.

Le directeur de l’Agence européenne de cybersécurité Juhan Lepassar a appelé à “investir pour que l’UE augmente ses capacités et ses possibilités”. L’Union a-t-elle l’intention de répondre à ces demandes ?

Oui, d’ailleurs elle le fait déjà ! Depuis 2019, l’agence de cybersécurité de l’UE a vu son budget passer de 17 à 23,5 millions d’euros, et ses effectifs ont augmenté. Malgré tout, son président considère ces investissements comme insuffisants, étant donné que les entreprises européennes dépensent 40% de moins que les sociétés américaines en matière de cybersécurité.

 

Le parlement grec adopte une nouvelle loi contre les fake news

 

Restons en Grèce, en évoquant cette fois la question de la liberté de la presse. Jeudi dernier le parlement grec a adopté une nouvelle loi contre les fake news. Ce texte se veut plus strict, mais dans quelle mesure, Romain ?

En effet, ce nouveau code pénal prévoit que “les fake news qui peuvent causer de l’anxiété ou de la peur chez les citoyens […] sont passibles de poursuites judiciaires”, et notamment des peines de prison d’au moins trois mois. Le ministre de la justice Costas Tsiaras a particulièrement salué le fait que les fake news deviendraient passibles de poursuites quand – je cite – “nos concitoyens meurent parce que certains les persuadent de ne pas se faire vacciner”.

Une nouvelle loi qui fait grincer des dents à Bruxelles.

Oui, la Commission européenne a déclaré que la législation des Etats membres à propos des fake news ne devrait pas entraver ou dissuader la pratique du journalisme, par exemple avec la menace de peines de prison. Même en Grèce, le syndicat des journalistes et des quotidiens d’Athènes (ESIEA) s’oppose catégoriquement à cette loi trop vague. Selon eux, si le texte ne définit pas plus précisément ce qu’est une “fake news”, il pourrait nuire à la liberté de la presse.

N’oublions pas que la Grèce est déjà dans une situation peu envieuse en ce qui concerne la liberté des médias.

Oui, en 2021, l’ONG Reporters sans frontières a placé la Grèce dans la catégorie des pays en “situation problématique”, alors qu’elle était “en situation bonne à très bonne” il y a dix ans. L’année 2021 a par exemple été marquée par l’assassinat du journaliste Giorgos Karaivaz, abattu devant son domicile à Athènes. Un crime encore non élucidé.

 

En Bulgarie, abstention record lors de la troisième élection législative de l’année

 

Terminons cette édition en nous dirigeant vers l’Europe de l’Est, en Bulgarie, où des élections législatives se sont tenues dimanche. C’est la troisième fois de l’année que les Bulgares étaient convoqués aux urnes. Qu’est-ce qui est ressorti de ce scrutin ?

Oui Juliane, vous l’avez dit, c’est la troisième élection législative de l’année, les Bulgares ayant déjà voté en avril puis en juillet, mais aucun des partis politiques n’est jusqu’ici parvenu à former une coalition. Le pays est aujourd’hui administré par un gouvernement d’affaires courantes. Une situation qui pourrait toutefois se débloquer puisque dimanche, parmi les 27 partis qui se présentaient aux élections, c’est le groupe “Continuons le changement” qui est sorti vainqueur de l’élection avec 26% des voix.

Ce nouveau mouvement fait de la lutte contre la corruption sa priorité et il se distingue des partis déjà installés comme le parti conservateur de l’ancien premier ministre Boïko Borissov.

Tout à fait ! Jusqu’en septembre 2021, ce parti n’existait pas. Il a été lancé par Kiril Petkov et Assen Vassilev, deux entrepreneurs qui ont une courte expérience en politique. Ils ont déclaré vouloir “éradiquer la corruption” persistante en Bulgarie. Pour y arriver, les deux hommes se disent prêts au compromis pour former une coalition avec des partis, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Les résultats de l’élection présidentielle semblent aller dans le même sens Romain.

Oui, ce week end les Bulgares élisaient également leur président. C’est le président sortant Roumen Radev qui est sorti largement en tête de ce premier tour, avec 49% des suffrages. Le chef de l’Etat s’est positionné depuis longtemps en opposition à l’ancien premier ministre Boïko Borissov et en soutien aux mouvements anticorruption, et il est donc favori pour le second tour le 21 novembre prochain.

Peut-on dire que la Bulgarie est en train de sortir de cette crise politique ?

Il ne faut pas se précipiter. Aucun gouvernement n’est encore formé, et dimanche l’abstention électorale a atteint des niveaux record : seulement 40% des citoyens ont participé au vote.

Un constat qui s’explique notamment par la situation catastrophique sur le front de la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, dans ce pays d’un peu moins de 7 millions d’habitants, 200 personnes meurent chaque jour, soit l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde.

 

Juliane Barboni – Romain L’Hostis

 

Image : Bru-nO


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