L’EUROPE AU PLUS PRÈS – VENDREDI 15 OCTOBRE

Écrit par sur 15 octobre 2021

Bienvenue dans cette édition de « L’Europe au plus près » où nous suivons, chaque semaine, l’actualité des différentes institutions de l’Union européenne. 

Cette semaine, revenons sur la session plénière du Comité européen des régions, qui a eu lieu du mardi 12 au jeudi 14 octobre. Les 329 membres de cet organe consultatif de l’UE se sont réunis cette semaine pour adopter une série d’opinions et de recommandations, notamment en ce qui concerne la poursuite de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. 

Cette conférence est un vaste exercice de consultation des citoyens européens. Il a commencé le 9 mai dernier, et durera pendant une année entière. Les citoyens de l’UE peuvent y exprimer leurs souhaits quant aux futures priorités d’action de l’UE, notamment via une plateforme en ligne multilingue. A partir de ces idées, la Conférence communiquera ensuite, d’ici à 2022, des propositions de réformes aux institutions de l’UE.

Le Comité des régions participe à cette Conférence et à son organisation. A ce propos, le 14 octobre, ses membres ont débattu avec la commissaire à la Démocratie Dubravka Suica.

Tout à fait ! Les régions et villes sont actives pour participer, organiser ou tout simplement accueillir les nombreux événements et ateliers qui rythment la Conférence dans toute l’Europe. Une délégation de 30 membres du Comité est aussi présente lors des sessions plénières de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Mais jeudi, les élus locaux ont fait savoir à la commissaire européenne Dubravka Suica que cette présence n’est pas suffisante, et qu’elle doit, selon eux, s’accompagner d’une consultation effective des administrations locales et de la société civile, sinon la Conférence risque de ne pas atteindre tous les citoyens. Actuellement, il est prévu que toutes les contributions du Comité des régions à la Conférence soient présentées dans un rapport lors du neuvième Sommet européen des régions et des villes, les 3 et 4 mars 2022 à Marseille.

 

Intéressons-nous maintenant à un autre vote du Comité européen des régions, qui a eu lieu jeudi 14 octobre, et qui visait à donner un avis sur la nouvelle Stratégie de l’UE en faveur de l’égalité des personnes LGBT+.

En effet, la session plénière a adopté un projet d’opinion dans lequel elle se dit en accord avec la première Stratégie de l’UE en faveur de l’égalité des personnes LGBT+. Ils ont encouragé les réflexions en cours sur un nouveau programme qui, s’il est lancé, financera des activités de promotion de l’égalité. La rapporteure de cette opinion, l’irlandaise Kate Feeney a cependant regretté que la semaine dernière, les ministres de l’Intérieur et de la Justice des 27 n’aient pas réussi, lors d’une réunion du Conseil de l’UE, à s’accorder sur une autre stratégie de l’UE, celle concernant les droits de l’enfant.

Depuis mars 2021, ce cadre doit normalement permettre de mieux légiférer pour protéger les mineurs contre les abus sexuels, la violence domestique, ou encore la violence en ligne. Mais le fait que cette stratégie mentionne les droits des jeunes LGBT+ a provoqué l’opposition des ministres d’une partie des Etats de l’Union.

Oui, c’est pourquoi le Comité des régions a alerté jeudi du risque de “régression” du respect des valeurs de l’UE. Les élus locaux ont notamment mis l’accent sur la situation en Hongrie et salué les efforts de la ville de Budapest où se multiplient les événements et protestations contre une loi du parlement hongrois interdisant, je cite, la promotion des minorités sexuelles dans l’espace public. Cette mesure s’inscrit dans la continuité des zones dites “sans idéologie LGBT” instaurées en Pologne. Ces lois sont jugées discriminatoire par la Commission européenne, qui a déclenché cet été une procédure judiciaire contre les deux Etats.

Ces initiatives anti-LGBT se heurtent donc à la mobilisation des Européens.

Oui, par exemple le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune, était en visite mardi à Budapest. Il y a notamment rencontré des associations LGBT pour leur témoigner son soutien. Le Comité des régions, pour sa part, a jugé, lors de la plénière, que les gouvernements auteurs de ces mesures discriminatoires ne devraient plus recevoir de fonds européens. Rappelons que le plan de relance de la Hongrie n’a toujours pas été accepté par l’UE, ce qui bloque le versement des 7 milliards d’euros de fonds européens.

 

Terminons ce journal en revenant sur un débat un peu différent qui s’est tenu lors de la session plénière du Comité européen des régions. Le 13 octobre, à l’occasion de la journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe, les élus locaux et régionaux ont échangé avec Mami Mizutori, représentant de l’ONU, et le commissaire européen à la gestion de crise Janez Lenarcic.

Oui, les participants ont notamment réfléchi à des solutions pour améliorer la capacité à résister aux catastrophes naturelles, telles que celles que l’Europe subit de manière répétée et qui sont encore multipliées cet été. Les 14 et 15 juillet, de fortes inondations ont ainsi causé la mort d’au moins 190 personnes en Allemagne et 38 en Belgique. Puis l’Europe a été la proie de nombreux incendies, dans le Sud de la France, en Sardaigne, en Andalousie, et tout particulièrement sur l’île d’Eubée en Grèce, où les feux n’ont pas cessé tout l’été, endommageant pour des années l’économie et l’agriculture sur place. Une région qui doit maintenant faire face à des tempêtes dévastatrices.

Parmi les conclusions adoptées, les villes et régions européennes demandent une coopération plus étroite avec l’ONU, afin de construire des infrastructures plus adaptées aux risques, mais aussi pour financer la transition écologique. 

A ce propos, le Comité a réclamé davantage de fonds européens pour l’adaptation et la reconstruction après les désastres naturels. Le président du Comité Apostolos Tzitzikostas a enfin annoncé la création d’une “Plateforme de résilience régionale” qui informera et aidera les autorités locales et régionales dans ce domaine. La Commission mettra au point un dispositif similaire de partage de connaissances, au titre de son Mécanisme de protection civile.

 

Romain L’Hostis – Ulrich Huygevelde

Photo : © European Union / Nuno Rodrigues


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