AUJOURD’HUI EN EUROPE – MARDI 25 MAI

Écrit par sur 25 mai 2021

L’essentiel de l’actualité européenne du jour :

  • Avion détourné en Biélorussie : un opposant politique et sa femme arrêtés.
  • Les nouvelles règles de la PAC bientôt fixées.
  • La République Tchèque obtient l’arrêt d’une mine de charbon en Pologne.

Avion détourné en Biélorussie : l’opposant biélorusse Roman Protassevitch arrêté.

Démarrons ce journal en revenant sur un incident qui a provoqué la stupéfaction et une indignation générale en Europe. Dimanche après-midi, un avion de ligne qui reliait la Grèce à la Lituanie a été dérouté par les autorités biélorusses vers la capitale Minsk, où un opposant et sa femme ont été arrêtés. 

Oui, prétextant une alerte à la bombe, le Boeing 737 de la compagnie aérienne Ryanair a été dérouté vers Minsk par les autorités biélorusses alors qu’il survolait l’espace aérien du pays, il a été escorté par un avion de chasse de l’armée avec à son bord plus de 170 passagers dont des ressortissants français.

L’avion est reparti après sept heures d’escale forcée et a rejoint la capitale lituanienne en début de soirée dimanche, accueilli par la Première ministre en personne, Ingrida Simonyte, et plusieurs dizaines de militants de l’opposition biélorusse.

Six passagers ne sont pas remontés dans l’avion lors de l’escale forcée à Minsk.

En effet, l’opposant biélorusse Roman Protassevitch et sa femme Sofia Sapega ont été arrêtés sur le tarmac de l’aéroport et, selon le dirigeant de la compagnie aérienne irlandaise Michael O’Leary, quatre agents des services de sécurité biélorusses ont également été débarqués. Le militant et journaliste arrêté de 26 ans travaillait pour le très suivi média d’opposition Nexta qui a joué un rôle central de relais lors des manifestations populaires qui ont secoué le pays après la réélection truquée de son dirigeant Alexandre Loukachenko à l’été 2020.

Selon Svetlana Tikhanovskaïa, l’opposante numéro un au régime biélorusse en exil en Lituanie, Roman Protassevitch risque la peine de mort. En novembre dernier les services de sécurité biélorusses l’avaient placé sur la liste des « individus impliqués dans des activités terroristes ».

Ce détournement d’un avion par un pays, a entraîné de très vives réactions en Europe où le président biélorusse est déjà mis à l’index depuis longtemps ?

Oui, dans la soirée de dimanche, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prévenu je cite « qu’il faudra assumer toutes les conséquences de violations des règles internationales du transport aérien ». Tandis que le président de Conseil Charles Michel, représentant les États membres, ainsi que le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell ont réclamé une enquête de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

L’Irlande a dénoncé lundi un acte de « piraterie » et la Pologne un « acte de terrorisme d’Etat ». La France a quant à elle suggéré lundi une « interdiction de l’espace aérien » biélorusse. De son côté, niant l’évidence Minsk a rejeté des « accusations sans fondement » de la part des dirigeants européens, affirmant avoir agi « en conformité avec les règles internationales », et justifiant son intervention par l’alerte à la bombe.

Cet incident intervient alors qu’un sommet européen s’est ouvert lundi.

Oui, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 sont réunis lundi et mardi à Bruxelles pour discuter de plusieurs thèmes dont la pandémie et les mesures permettant d’atteindre les objectifs climatiques fixés par l’UE. Mais le détournement de l’avion par le régime de Loukachenko a quelque peu chamboulé l’agenda des débats. Les 27 ont rapidement décidé dès lundi soir d’interdire le survol de l’espace aérien de l’UE par les compagnies aériennes biélorusses ainsi que l’accès aux aéroports de l’UE pour les vols opérés par les compagnies du pays.

Les 27 ont également invité l’Organisation de l’aviation civile internationale à enquêter d’urgence sur je cite « cet incident sans précédent et inadmissible ». Ils envisagent aussi « d’élargir dès que possible la liste des responsables et entités » biélorusses visés par des sanctions européennes et exigent la libération de Roman Pratassevitch et sa compagne Sofia Sapega.

Les nouvelles règles de la PAC bientôt fixées.

Autre discussion importante au niveau européen, le Parlement, la Commission et les États membres se réunissent à partir de ce mardi pour fixer les nouvelles règles de la PAC, la Politique agricole commune.

Tout à fait, et les discussions progressent à petit pas depuis plusieurs mois sur le premier poste budgétaire de l’Union européenne. Le Portugal, qui assure la présidence de l’UE jusqu’en juin, a affiché son ambition de clôturer le dossier. Les négociations porteront sur les détails des aides accordées aux agriculteurs de 2023 à 2027. Notamment le montant des nouveaux éco-régimes et ses conditions d’accès.

Ces aides directement payées par les États membres doivent récompenser des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement mais sa part au budget de la PAC et ses critères d’obtention ne sont pas encore pleinement définis. L’UE souhaite aussi accentuer la traçabilité des aides versées par la PAC qui ont été l’objet à plusieurs reprises, dans le passé, de détournements.

La République Tchèque obtient l’arrêt d’une mine de charbon en Pologne.

Toujours sur le thème de l’environnement, terminons ce journal en évoquant le différend entre Prague et Varsovie au sujet de la mine de charbon polonaise de Turow, à deux pas de la frontière tchèque. 

Oui, car cette mine ouverte en 1904 se trouve à la frontière avec l’Allemagne et la République Tchèque et les habitants du côté tchèque ne cessent de se plaindre des poussières, du bruit ainsi que de la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques. Alors que les négociations entre les deux pays étaient au point mort, Prague avait saisi fin février la Cour de justice de l’Union européenne pour demander l’arrêt de la mine.

Et la Cour européenne a donné raison à la République Tchèque vendredi dernier.

Tout à fait, selon la Cour de justice de l’UE, la Pologne doit « cesser immédiatement » l’exploitation de la mine car elle est « susceptible d’avoir des effets négatifs sur le niveau des eaux souterraines en territoire tchèque » risquant de « menacer l’approvisionnement en eau potable ». Elle observe également le « caractère irréversible » de ces pollutions et indique que la fermeture de la mine n’engendre pas « une menace réelle pour la sécurité énergétique » de la Pologne. La Pologne, dont le charbon participe à la production de 80% de son électricité, et qui compte 80.000 emplois dans le secteur minier, a annoncé lundi qu’elle ne prévoit pas de fermer la mine et envisage je cite « présenter de nouveaux arguments » à la Cour de justice de l’UE.

Thomas Kox – Armand Duthil

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