Aujourd’hui en Europe – Mardi 18 mai

Écrit par sur 18 mai 2021

L’essentiel de l’actualité européenne du jour :

  • Emplois fictifs au sein du Rassemblement National : le verdict est tombé.
  • Irlande du Nord : Edwin Poots, nouveau leader du parti unioniste DUP.
  • Pologne : le gouvernement dévoile son plan de relance.
  • Grèce : fin de cavale pour Ioannis Lagos, ex-cadre du parti néonazi Aube Dorée.

 

Emplois fictifs du RN, le verdict est tombé.

 

Débutons ce journal en revenant sur l’affaire des emplois fictifs d’assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Quelles sont les conclusions  après plus de cinq ans d’enquête ? 

Le rapport de synthèse de 98 pages adressé à la juge d’instruction daté du 15 février 2021 et dévoilé par le Journal du Dimanche conclut que le Rassemblement national a mis en place je cite « un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens ».

Dans cette affaire, vingt-quatre eurodéputés ou assistants du RN sont mis en examen, dont Marine Le Pen, son père Jean-Marie Le Pen et sa sœur Yann Le Pen. Au total 6.8 millions d’euros de crédits du Parlement européen auraient profité au parti en rémunérant des assistants rémunérés mais qui auraient en fait travaillé pour le parti à Paris.

Selon l’enquête, Marine Le Pen, serait le cerveau des détournements des fonds européens.

C’est en effet l’avis du document qui présente la candidate frontiste comme la responsable du “système frauduleux”. Lors d’une réunion peu de temps après les élections européennes de 2014 où le RN obtient 24 sièges au Parlement, Marine le Pen annonce aux élus que les enveloppes budgétaires allouées pour recruter des collaborateurs seraient centralisées pour être redirigées vers le Parti.

Mais la candidate à l’élection présidentielle et son parti s’insurgent et dénoncent une manœuvre politique.

Oui, sur Twitter la présidente du parti déclare je cite que « Le JDD, le journal du dimanche, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection ». Invité sur la matinale de France Inter lundi, le député européen Jordan Bardella n’a eu de cesse de faire un lien entre cette affaire et le calendrier électoral à l’approche des régionales.

Mais la tenue d’un procès avant l’élection présidentielle semble peu probable.

Effectivement, car les avocats du Rassemblement National ont multiplié les recours. À l’automne dernier, la candidate d’extrême droite et des membres de son parti mis en examen ont engagé pas moins de six procédures dans le cadre de cette affaire, sans doute dans le but de retarder un procès avant la campagne présidentielle de 2022.

 

Irlande du Nord : Edwin Poots nouveau leader du parti unioniste DUP.

 

Tournons-nous à présent vers l’Irlande du nord britannique, où le Parti unioniste DUP a désigné son nouveau leader suite à la récente démission d’Arlene Foster qui dirigeait cette formation politique.

Tout à fait, et le parti unioniste prend un virage à droite avec à sa tête Edwin Poots, 55 ans. Vendredi, il a obtenu 19 voix des élus du DUP face à 17 voix pour son rival Sir Jeffrey Donaldson jugé plus modéré. Edwin Poots est connu pour ces prises de positions très radicales, en particulier contre les couples de même sexe et sur l’avortement. Ce dernier est membre du Free Presbyterian rallied, une secte ouvertement anticatholique mais aussi créationniste, convaincu que la Terre n’est vieille que de 6000 ans.

Quelles sont les conséquences de cette nomination pour la vie politique nord irlandaise et pour la mise en oeuvre du protocole irlandais qui, depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, crée une frontière douanière entre l’Île d’Irlande et l’Angleterre.

Et bien, la Première ministre nord-irlandaise Arlene Foster restera en poste jusqu’à fin juin. Monsieur Poots a indiqué que son parti nommera un candidat d’ici là. En ce qui concerne le protocole nord irlandais qui tend le climat en Irlande depuis le Brexit, le nouveau leader du DUP a fait campagne contre ce point majeur de l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et promet, je cite, de « supprimer certains de ces éléments ».

Sa prédécesseure Arlene Foster était accusée de laxisme par plusieurs élus du DUP face à la décision de Londres d’établir une frontière maritime en mer du Nord lors des négociations du Brexit. Sa lente mise en place prévue par l’accord agace l’UE qui a lancé une procédure d’infraction contre le Royaume-Uni en mars dernier. Certains observateurs craignent que cette dispute donne lieu à un regain de tensions dans la région.

 

Pologne : le gouvernement dévoile son plan de relance.

Dirigeons-nous maintenant vers la Pologne où la coalition conservatrice au pouvoir a annoncé samedi un vaste plan de relance qui comprend une série de mesures dans le domaine social, de la santé et des infrastructures.

En effet, ce document de 160 pages comprend de nombreuses propositions dans le domaine des transports, de la santé, ou encore dans l’éducation et de nouvelles aides sociales. Il prévoit notamment des exemptions fiscales sur les bas et moyens salaires et sur les retraites, ainsi que d’importants investissements publics. Le budget de la santé augmentera par exemple de 5 à 7% du PIB d’ici à 2030. Une très grande partie de ce programme sera financée par le plan de relance européen dont la Pologne est un des plus importants bénéficiaires.

 

Grèce : fin de cavale pour Ioannis Lagos, ex-cadre du parti néonazi Aube Dorée.

Terminons ce journal en Grèce, où la cavale d’un ex-cadre du parti néonazi Aube Dorée a pris fin samedi. 

Oui, Ioannis Lagos est arrivé samedi à l’aéroport d’Athènes menotté et escorté par plusieurs policiers pour être présenté au procureur. Cet ex-cadre du parti Aube Dorée a été extradé à la demande des autorités grecques. Il a été condamné en 2020 à plus de 13 ans de prison ferme pour son appartenance à « une organisation criminelle » qui préparait notamment des attaques contre des militants de gauche et des migrants. Il avait, quelques heures après le verdict, quitté la Grèce pour Bruxelles.

En tant que parlementaire européen, il bénéficiait de l’immunité.

Elle a été levée fin avril par une très large majorité d’eurodéputés à la demande des autorités grecques. Il jouissait de cette immunité depuis son élection en juillet 2019 au Parlement européen sous la bannière d’Aube dorée qu’il a quitté quelques mois plus tard pour devenir indépendant.

 

Thomas Kox – Armand Duthil

 

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Photo : Pixabay


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