L’Europe au plus près – Jeudi 11 février

Written by on 11 février 2021

Le Comité européen des régions, qui regroupe plus de 300 élu.es locaux et régionaux des 27 Etats membres de l’UE s’est retrouvé lors d’une session plénière du 3 au 5 février. Cette session est l’occasion de discuter et de voter plusieurs projets d’avis des différentes commissions qui composent le Comité. J’imagine que les problématiques locales liées à la pandémie ont pris une place importante dans les débats ? 

Oui, les dirigeants locaux et régionaux de l’UE se sont déclarés préoccupés par la coordination des campagnes de vaccination dans l’Union et ont demandé l’élaboration d’un tableau de bord européen pour surveiller l’adoption et la distribution des vaccins par région. 

Le directeur régional Europe de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, est d’ailleurs venu partager son expertise et a signé avec le comité un plan d’action visant à améliorer la robustesse des systèmes de santé locaux et régionaux en travaillant notamment à une meilleure coordination.

Le directeur de l’OMS a ainsi rappelé l’importance des autorités locales et notamment des villes pour lutter contre la pandémie. Les métropoles sont, on le sait, des nœuds de transmission du virus.

Plusieurs projets d’avis ont été votés lors de cette session plénière, notamment concernant la relance du secteur de la Culture.

Oui, beaucoup d’élus déplorent en effet que la culture soit un des secteurs oubliés de la pandémie alors qu’elle profite à des millions d’Européens. Les projets culturels sont presque à l’arrêt dans nombre d’Etats membres. 

Le président du comité des régions a souligné que le secteur de la culture avait enregistré des pertes financières importantes alors qu’il joue un rôle central dans la cohésion des territoires européens.

Un projet d’avis sur la culture a d’ailleurs été largement voté par les membres du comité. Que prévoit-il ?

Oui le rapporteur Giuseppe Varacalli a présenté son projet d’avis sur le redémarrage des secteurs de la culture et de la création. Ce texte propose, entre autres, la création de nouvelles plateformes pour présenter les artistes et permettre à la culture européenne de s’exprimer.

Cette initiative vise aussi à faciliter l’internationalisation des acteurs de la culture, mais aussi à simplifier et regrouper l’ensemble des appels à projets à destination de ce secteur. Le point de départ pourrait être la plateforme ‘Creative Unit’ qui partage déjà des initiatives liées à la culture dans l’Union. 

Les membres du Comité européen des régions ont aussi rallié et rejoint l’appel du Parlement européen de consacrer 2% du plan de relance au secteur de la culture et de la création. Un appel soutenu par la commissaire à la culture Mariya Gabriel présente lors du débat. 

Les élus locaux ont aussi voté un autre projet d’avis qui concerne un grand nombre d’Européens vivant aux frontières de leurs pays.

Tout à fait, près d’un tiers des citoyens de l’UE vivent ou travaillent dans des régions frontalières où l’accès aux services publics, tels que les transports, l’éducation ou les soins de santé, est souvent plus limité que dans les régions centrales ou les capitales. L’accès aux services publics transfrontaliers permettrait non seulement d’améliorer la qualité de vie des citoyens de part et d’autre de la frontière, mais également d’améliorer le rapport coût-bénéfice de ces services. L’avis souligne qu’il est nécessaire d’instaurer un cadre juridique plus solide au niveau de l’UE afin de permettre la mise en place et la gestion efficaces de services publics transfrontaliers.

Comment cet avis se traduit-il concrètement ? 

Le rapporteur de l’avis recommande aux États membres d’allouer une partie de leurs ressources dans le cadre de l’instrument de soutien face à la crise REACT-UE, aux programmes de coopération transfrontalière. Le comité européen rappelle qu’il soutient fermement le mécanisme transfrontalier européen (ECBM) proposé par la Commission en 2018. Pour rappel, il s’agit d’un instrument destiné à lever les obstacles juridiques et administratifs qui entravent la coopération transfrontalière. 

Dans certaines circonstances, le mécanisme permettrait d’appliquer la législation d’un État voisin dans les régions transfrontalières mais la proposition est actuellement bloquée au Conseil de l’Union européenne, qui réunit les ministres des Etats membres.

Enfin, les membres ont aussi débattu du rôle des initiatives citoyennes européennes qui permettent à un million de citoyens d’appeler la Commission à légiférer sur un sujet donné. Un dispositif qui aboutit cependant rarement.

Tout à fait, plusieurs membres du comité ont souligné qu’il faut que ces initiatives, ces pétitions citoyennes débouchent sur des actions concrètes. 

Ces pétitions, ces initiatives doivent permettre de rapprocher davantage les citoyens des décisions de l’UE. Le Comité affiche donc un soutien à ces initiatives qui ont un impact sur les territoires.

Il ajoute régulièrement un projet d’avis sur le sujet, ou soutient une initiative européenne par l’intermédiaire d’un de ses membres.

Cet appel à renforcer la voix des citoyens de l’Union fait écho à des récentes déceptions suite à des pétitions citoyennes européennes restées sans suite.

Effectivement, en particulier l’initiative Minority Safepack, qui appelait l’UE à améliorer la protection des personnes appartenant à des minorités nationales et linguistiques à travers des actes juridiques. La pétition souhaite que les minorités aient accès aux services publics dans leur langue L’initiative a reçu l’approbation du parlement mais la Commission l’a enterré, elle estime qu’aucun acte juridique supplémentaire n’est nécessaire, une déception pour les 1,1 millions de signataires.

Thomas Kox – Armand Duthil

© Comité européen des régions


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



[There are no radio stations in the database]