Aujourd’hui en Europe – Lundi 18 janvier

Écrit par sur 18 janvier 2021

Succession d’Angela Merkel, Armin Laschet élu à la tête de la CDU ; énième crise politique en Italie après la démission de deux ministres du gouvernement Conte ; tandis qu’aux Pays Bas, Mark Rutte a présenté la démission de son gouvernement au roi ce vendredi 15 Janvier.

Après 15 ans à la chancellerie, la succession d’Angela Merkel commence à se dessiner. Samedi 16 janvier, le modéré Armin Laschet a été élu à la tête du parti conservateur allemand CDU, a qui faisait-il face ?

Cette élection mainte fois reportée du fait de la pandémie devait signer la fin de l’ère Merkel mais maintenant rien n’est si sûr. Il a été élu par près d’un millier de délégués de la CDU au deuxième tour avec 52,3 % des voix, Armin Laschet était au coude-à-coude avec l’avocat d’affaire Friedrich Merz. 

A 59 ans, Laschet affrontait deux hommes, eux aussi originaires de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Friedrich Merz et Norbert Röttgen. Il est décrit comme plus rassembleur que ses adversaires, tout en assurant la continuité politique de son allié Angela Merkel. Il succède à Annegret Kramp-Karrenbauer, qui a démissionné un an après sa nomination par Merkel à la tête de la CDU.

Quelles sont ses positions concernant les problématiques européennes ?

Armin Laschet est très europhile, il a notamment été eurodéputé de 1999 à 2005 et est favorable à plus de solidarité européenne, notamment dans la répartition des réfugiés entre États membres. 

Il est par contre critiqué pour son absence d’ambition sur les enjeux climatiques. Ministre-président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, cœur industriel de l’Allemagne qui dépend des importations de gaz naturels et du commerce avec la Chine, il affiche aussi une volonté de garder de bonnes relations avec Pékin et Moscou.

Il est ainsi favorable au projet très critiqué du Nord Stream 2, qui doit acheminer du gaz entre la Russie et l’Europe. Ce projet avait aussi l’aval de Merkel avant qu’elle ne reconsidère sa position après la tentative d’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny. 

Peut-on s’attendre à le voir devenir chancelier lors des prochaines élections en septembre 2021 ?

En tant que chef de la CDU, il a de bonnes chances de devenir le prochain chancelier comme ce fut le cas lors de la plupart des scrutins favorables à la droite allemande depuis la naissance de la République fédérale, en 1949. 

Cependant sa nomination comme candidat pour la chancellerie n’est pas automatique. Il pourrait faire face à Markus Soder, du parti de la CSU, branche bavaroise de la CDU, qui dirige la Bavière et s’est montré très critique à l’égard de Merkel. 

Armin Laschet pourrait enfin se voir affronter l’actuel ministre de la santé Jens Spahn, plus jeune, et qui, fin décembre, était la personnalité préférée des Allemands juste devant Angela Merkel.

La nomination du prochain candidat pourrait avoir lieu en mars, et si Armin Laschet parvient à être nommé, la CDU devra tout de même gagner l’élection et former un gouvernement afin qu’il prétende à la place convoitée de chancelier.

Dirigeons-nous maintenant vers l’Italie, qui connaît une nouvelle crise politique après le départ du parti Italia Viva qui composait la majorité.

C’est en effet une énième crise politique en Italie, près d’un an et demi après la formation de l’actuel gouvernement en septembre 2019 dirigé par Giuseppe Conte à la tête d’une coalition entre le Mouvement 5 étoiles, le Parti Démocrate et de petits partis. 

Après des désaccords entre Conte et l’ancien premier ministre Matteo Renzi, ce dernier a annoncé, mercredi 13 Janvier la démission de deux ministres de sa petite formation : Teresa Bellanova, à la tête de l’Agriculture, et Elena Bonetti, chargée de la Famille. Le départ des deux ministres du parti Italia Viva, dont la popularité est marginale, prive le premier ministre Conte d’une majorité qui risque de fragiliser l’exécutif.

La crise couvait depuis des semaines alors que le Premier ministre italien se voit reprocher  un exercice autoritaire de la fonction de Premier ministre. Il est notamment accusé de ne pas avoir assez consulté sur l’utilisation des 209 milliards d’euros du plan de relance européen. 

Mais l’Italie n’est pas le seul pays à voir son gouvernement affaibli, vendredi 15 janvier, le populaire premier ministre néerlandais Mark Rutte a déposé, à vélo, la démission de son gouvernement au roi suite à un scandale retentissant. Que s’est il passé ?

cette démission fracassante intervient suite à un vaste scandale qui a éclaté en 2018 suite auquel des milliers de familles ont été accusées, à tort, de fraudes aux allocations familiales. L’affaire remonte à 2013, quand le fisc a découvert qu’une famille bulgare avait détourné des millions d’euros d’allocations familiales. Les services du fisc se sont ensuite lancés dans une véritable chasse aux sorcières ou au moins 26 000 parents ont été accusés d’avoir fraudé. L’affaire a été révélée dans les médias néerlandais en 2018,  qui ont relaté la détresse psychique et financière de certaines victimes de cette affaire.

Suite à ces révélations, un rapport parlementaire publié en décembre 2020 a pointé la responsabilité des inspecteurs des impôts mais a également accusé le gouvernement de ne pas avoir suffisamment protégé les citoyens.

Ce n’est pas le seul dysfonctionnement que pointe ce rapport ?

En effet, plus accablant encore, le ministre de l’économie Eric Wiebes qui était, à l’époque du scandale; secrétaire d’etat des finances, et responsable du département des impôts, a été très nettement pointé du doigt dans ce rapport qui a établi que 11 000 personnes ont subi un profilage ethnique par le fisc en raison de leur double nationalité. 

Les quatres partis de la majorité devaient déterminer vendredi s’ils souhaitaient démissionner ou continuer à exercer leur fonction au gouvernement mais c’est la démission surprise jeudi 14 Janvier du chef travailliste et ancien ministre lors du scandale, qui a précipité la chute du gouvernement néerlandais. 

Ainsi, l’image intègre du populaire Mark Rutte risque d’en prendre un sérieux coup. Il a fait part de son envie de se représenter. Son parti reste nettement en tête des sondages. D’ici là, malgré la démission du gouvernement, celui-ci devrait continuer la gestion des affaires courantes, permis par le système politique néerlandais.

Image: Deutsche Welle


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